Arthroplastie du genou
La prothèse totale de genou (PTG)
Les trois compartiments usés sont remplacés, quand les traitements médicaux ne suffisent plus.
Dr Anthony Wajsfisz, chirurgien orthopédiste du genou, Paris

3 sur 3
compartiments remplacés par la prothèse totale
1 h à 1 h 30
de phase opératoire, hors anesthésie
Générale ou rachi
anesthésie décidée avec l’anesthésiste
Vers le 3e jour
premiers escaliers, en général
2 jours
de séjour moyen à Drouot Rémusat, ou ambulatoire
La prothèse genou totale est une arthroplastie qui consiste à retirer les zones d’os et de cartilage usées de l’articulation, pour les remplacer par des pièces artificielles qui en reproduisent la forme et la fonction. Elle est proposée quand la gonarthrose est évoluée et touche l’ensemble du genou, et que les traitements médicaux ne suffisent plus à calmer la douleur. Le but est simple : soulager, corriger les déformations et vous rendre une marche confortable.
Le principe général de l’arthroplastie et le panorama des types de prothèses sont détaillés dans la page La prothèse de genou. Ici, on entre dans le spécifique de la PTG.
Qu’est-ce qu’une prothèse totale de genou et de quoi se compose-t-elle ?
La PTG remplace les surfaces articulaires abîmées des trois compartiments du genou par des implants qui reproduisent la géométrie d’origine. Concrètement, le chirurgien retire le cartilage usé, réalise des coupes osseuses précises dans le fémur et le tibia, puis met en place les pièces prothétiques. L’objectif recherché est un genou stable, mobile et indolore dans les gestes du quotidien.
Les trois pièces de la prothèse
| Pièce | Matériau |
|---|---|
| Composant fémoral | métal, le plus souvent alliage chrome-cobalt |
| Embase tibiale | titane ou chrome-cobalt |
| Insert | polyéthylène haute densité, surface de glissement |
Selon les cas, une pièce peut être ajoutée au niveau de la rotule. C’est le point qui fait le moins consensus : certains chirurgiens resurfacent la rotule systématiquement, d’autres jamais, d’autres au cas par cas. Une étude publiée dans le Pan African Medical Journal montre qu’en conservant la patella, on obtient de bons résultats fonctionnels à court et moyen terme, tout en évitant les complications propres à une prothèse patellaire. La décision se discute avec vous en consultation, selon vos symptômes antérieurs et l’aspect du cartilage.
Les implants de prothèse totale de genou et leur fixation
Les implants prothèse totale genou peuvent être fixés à l’os de deux manières. La fixation cimentée utilise un ciment chirurgical qui assure une tenue immédiate, même sur un os fragile. La fixation non cimentée mise sur l’ostéointégration : la surface de l’implant est conçue pour que l’os vienne s’y ancrer avec le temps.
Le choix dépend de la qualité osseuse, de l’âge et des habitudes de l’équipe chirurgicale. Dans la plupart des cas, la prothèse cimentée reste privilégiée chez le sujet âgé souffrant de gonarthrose, parce qu’elle donne une fixation fiable tout de suite. Il existe aussi plusieurs types d’implants, comme les prothèses à conservation du ligament croisé postérieur et les prothèses postéro-stabilisées, retenues selon l’état ligamentaire. La durée de vie des implants et leur usure sont traitées dans la page La reprise de prothèse.
Prothèse totale de genou : les indications à connaître
L’indication principale de la prothèse totale de genou est la gonarthrose évoluée touchant plusieurs compartiments, à l’origine de douleurs invalidantes et d’une gêne importante au quotidien. La décision d’opérer ne repose pas sur la seule radiographie : elle croise la douleur, le retentissement sur votre vie de tous les jours, l’examen clinique et l’imagerie. La HAS recommande d’ailleurs une décision partagée entre vous et le chirurgien.
La PTG est envisagée quand les médicaments, les infiltrations, la kinésithérapie et l’hygiène de vie ne contrôlent plus les symptômes. Les traitements non chirurgicaux et leurs limites sont développés dans la page Traitements médicaux et limites. En pratique, un critère revient souvent chez les chirurgiens : le moment où le patient « n’en peut plus » dans son quotidien.
Plusieurs situations orientent vers une prothèse totale plutôt que vers un geste plus limité :
- une atteinte arthrosique diffuse sur plusieurs compartiments du genou ;
- une déformation marquée de l’axe de la jambe (genu varum ou genu valgum) ;
- une atteinte inflammatoire globale, comme une polyarthrite rhumatoïde sévère ;
- une destruction post-traumatique du cartilage avec douleur quotidienne résistante.
À l’inverse, une arthrose visible sur la radio mais sans douleur ni gêne réelle ne justifie pas une opération. La chirurgie reste réservée aux formes symptomatiques. La comparaison entre PTG et prothèse unicompartimentale, elle, est traitée dans la page Quelle prothèse choisir ?.
Votre genou relève-t-il d’une prothèse totale ?
Le Dr Wajsfisz le vérifie avec vous à l’examen et sur des radios des deux genoux en charge.
Chirurgie prothèse genou totale : comment se déroule l’intervention
L’opération se déroule au bloc, sous anesthésie générale ou rachianesthésie, selon l’évaluation de l’anesthésiste. Le chirurgien réalise une incision à la face avant du genou, ouvre l’articulation, puis expose les surfaces du fémur et du tibia. Il retire ensuite le cartilage usé, corrige l’axe de la jambe et met en place les implants.
Les étapes de l’opération
Le déroulement intervention PTG suit des étapes bien codifiées :
- installation et anesthésie du patient ;
- incision antérieure et ouverture de l’articulation ;
- retrait des parties lésées et coupes osseuses précises dans le fémur et le tibia ;
- mise en place des composants, cimentés ou non, puis test de la stabilité et de la mobilité avant fermeture.
Une fois le pansement stérile posé, la phase opératoire est terminée. Ces grandes étapes sont décrites de façon concordante par les sites hospitaliers et les chirurgiens orthopédistes de référence. L’intervention intègre aujourd’hui de plus en plus les protocoles de récupération améliorée après chirurgie (RAAC), détaillés dans la page Innovations actuelles et à venir.
Durée de l’intervention et hospitalisation
La durée intervention prothèse genou totale est le plus souvent d’une heure à une heure et demie pour la phase opératoire elle-même. En moins de deux heures, l’orthopédiste retire le cartilage usé et met en place les implants. Ce chiffre ne compte pas les temps d’installation, d’anesthésie et de réveil, qui s’ajoutent au passage au bloc. Cette durée vous est précisée en consultation, adaptée à votre situation.
1 h à 1 h 30phase opératoire, hors anesthésie et réveil
Côté séjour, l’hospitalisation prothèse totale genou dure en pratique quelques jours, souvent 3 à 5 jours dans les prises en charge classiques. Certains patients sélectionnés rentrent plus vite, parfois en ambulatoire, à condition d’une préparation serrée et d’une gestion très active de la douleur. Si vous présentez des comorbidités importantes ou un contexte de retour à domicile compliqué, un séjour plus long peut être décidé pour sécuriser les choses.
Suites opératoires PTG : douleur, marche et surveillance
Dans les premiers jours, la prise en charge associe le traitement de la douleur, la prévention de la phlébite par anticoagulants et un lever précoce. La douleur après prothèse totale genou est normale les premières semaines : elle est maximale au début, puis diminue avec la cicatrisation et la rééducation. On la calme par des antalgiques adaptés, de la glace et une mobilisation progressive.
Les premiers jours après une prothèse totale
- Lever à Drouot Rémusatle jour même
- Lever, en généralsouvent dès le lendemain
- Premiers escaliersvers le 3e jour
- Séjour à Drouot Rémusat2 jours en moyenne
- Séjour classique3 à 5 jours
Repères tirés de cette page et des données du cabinet du Dr Wajsfisz. L’ambulatoire, sortie le soir même, est proposé à chaque patient à Drouot Rémusat.
Un genou chaud et gonflé pendant les premières semaines, voire quelques mois, fait partie de l’évolution habituelle. La cryothérapie, la surélévation de la jambe et les bas de contention aident à réduire ce gonflement. En revanche, une douleur qui s’aggrave, avec fièvre, rougeur importante ou écoulement, doit vous conduire à contacter rapidement le chirurgien : c’est le signal qui ne se néglige pas.
Le lever et la marche commencent tôt, souvent dès le lendemain, sous la supervision d’un kinésithérapeute. Vous êtes encouragé à vous asseoir au bord du lit, puis à marcher avec des aides (cannes, déambulateur) en augmentant l’appui à mesure que la douleur baisse. La montée et la descente des escaliers s’apprennent en général à partir du troisième jour. Le protocole de rééducation au long cours et la convalescence sont développés dans la page Rééducation, convalescence et reprise du sport.
Complications prothèse totale genou : ce qu’il faut savoir
La PTG est une intervention fiable, mais elle comporte des risques, rares et à connaître avant de s’engager. Les principales complications sont l’infection de la prothèse, la phlébite et l’embolie pulmonaire, l’hématome et la raideur articulaire. Plus rarement, une atteinte des vaisseaux ou des nerfs peut survenir. L’infection, en particulier, est redoutée : elle demande une prise en charge médicale et souvent chirurgicale immédiate.
La prévention repose sur des mesures précises, appliquées avant et après l’opération :
- préparation cutanée soignée et antibioprophylaxie au bloc ;
- anticoagulant préventif pendant plusieurs semaines et bas de contention contre le risque de phlébite ;
- mobilisation précoce pour limiter la raideur du genou.
Le respect du protocole postopératoire réduit sensiblement ces risques. Les complications à distance, comme le descellement ou l’infection tardive, ainsi que la chirurgie de révision, sont traitées dans la page La reprise de prothèse. Pour poser une indication et discuter concrètement de votre cas, prenez rendez-vous en consultation spécialisée.
Opération, séjour, douleur, portiques
Combien de temps dure l’opération d’une prothèse totale de genou ?
La phase opératoire dure le plus souvent d’une heure à une heure et demie, parfois jusqu’à deux heures selon la complexité du cas. Ce temps ne comprend pas l’installation, l’anesthésie et le réveil, qui s’ajoutent à la durée totale passée au bloc.
Combien de jours vais-je rester hospitalisé après ma PTG ?
L’hospitalisation dure en pratique quelques jours, souvent 3 à 5 jours en prise en charge classique. Certains patients sélectionnés sortent plus tôt, parfois le jour même, selon leur état de santé, leur autonomie et les conditions de retour à domicile.
Est-ce que j’aurai mal après la pose de ma prothèse totale de genou ?
Une douleur est normale les premières semaines, puis elle diminue avec la cicatrisation et la rééducation. Elle est soulagée par des antalgiques adaptés. Une douleur qui s’aggrave, avec fièvre ou rougeur, doit vous amener à consulter rapidement.
Ma prothèse de genou va-t-elle sonner aux portiques de sécurité ?
Oui, les implants contiennent des alliages métalliques (titane ou chrome-cobalt) qui peuvent déclencher les détecteurs des aéroports. Votre chirurgien peut vous remettre un certificat de port de prothèse, même s’il n’est en général pas exigé par la sécurité.
PUC, choix, rééducation
À lire après la prothèse totale
Un seul compartiment remplacé, les ligaments croisés conservés.
Les critères qui font pencher vers la totale ou la partielle.
Les premiers mois après la prothèse, semaine par semaine.
Un premier rendez‑vous de 20 à 30 minutes
Apportez les radios des deux genoux en charge, vos IRM éventuelles et le courrier de votre médecin traitant.
